1 mai 2018

Hypersensibilité

Merci à Ixona de me faire l'honneur d'écrire pour mon blog.

Alors, Ixona est comme on dit : surdouée, HPI, précoce, zèbre (plus d'infos ici : a savoir sur nos petits surdoués) mais aussi hein, humaine, avec des cheveux, un nez, 2 mains, du sang rouge, etc (haha)
Elle nous parle de sa sensibilité. De la manière dont elle perçoit son environnement.

J'espère qu'elle acceptera aussi de nous raconter un jour, sa vie si douloureuse. Je la connais cette vie et je lui tire mon chapeau d'être aussi lucide sur tout ça.

Cela fait très longtemps que je sais que je suis sensible. Très jeune déjà, j’avais quelques soucis à cause de cela... J’ai toujours pris les choses trop à cœur, j’ai fini par apprendre à me fermer pour moins souffrir.
Je ne supportais plus de pleurer sans cesse, parce que tous les enfants jouaient les uns avec les autres comme s’il n’y avait pas de lendemain, et moi, j’avais besoin de quelqu’un, une personne stable avec qui rire et jouer. Une personne stable et exclusive si possible.
J’ai développé tellement de triples amitiés dans le but d’être proche des personnes que j’admirais. Je déteste pourtant ce système, il exclut obligatoirement la troisième personne sur le long terme, pour garder un duo plus puissant. La troisième personne finit souvent plus solitaire, plus timide aussi, car elle aura perdu non pas un, mais deux contacts importants à ses yeux.
En grandissant, j’ai commencé à comprendre comment je fonctionnais: que je le veuille ou non, les émotions, le positif et le négatif ont beaucoup d’impact sur moi. En grandissant, au lieu de m’amuser, j’ai donc appris à gérer ce que j’appelle l’équilibrage: cela consiste à rester neutre ou heureuse. Je ne suis pas sensible, mais hypersensible. Je ne suis pas heureuse ou malheureuse. Je suis hystérique de joie ou au bord du suicide. J’ai rapidement compris que ma vie ne serait pas évidente.
J’ai commencé à m’équilibrer de façon simple: par l’art, par la musique. Mais très vite, dès que je descendais sous la barre de la neutralité, j’avais besoin de plus pour revenir à la norme ou au positif. J’ai commencé à me blesser pour expulser mes sentiments.
Je suis sensible oui. Je pleure souvent. J’ai souvent envie de crier pour rien, que ce soit de joie ou de rage. Je ressens tout, on peut rarement me mentir. Je sais quand on me ment, et ça m’impacte également énormément. Face à la difficulté, j’ai deux types de réactions: je peux être totalement déboussolée et perdre toutes capacités à gérer face à l’évènement, mais je peux aussi devenir un leader exceptionnel et organiser, trier, guider avec précision.
Physiquement, je ressens les choses de façon plus forte que les autres également. Il n’est pas rare pour moi de souffrir de maux de tête à cause des odeurs, de la lumière ou d’un environnement sonore qui ne serait pas agréable pour moi. Petit à petit, on s’y habitue. Et puis... Cela a aussi du positif cette hypersensibilité: c’est plus facile de me faire plaisir... Tous mes capteurs sont à vifs. Je peux également sentir l’odeur corporelle des Humains que j’aime, ce sera toujours un plaisir olfactif de ressentir l’essence d’un être aimé.
(Ixona)
 
(Vos commentaires apparaitront après ma validation. Merci pour votre compréhension)