6 novembre 2017

un merveilleux moment d'aidant

Non, je ne viens pas d’avoir un enfant ni, de tomber amoureux, je mange tout simplement une put*** de barre chocolatée.

Je ne suis pas difficile vous allez me dire !? Rha, j’vous raconte pas !
Quoi ? vous voulez qu’j’vous raconte ? bon, j’vous raconte (je sais, j’ai de belles références culturelles)

Mi-juillet, mon père tombe sur les fesses le jour de son anniversaire. Rien à voir avec le choc d'une année de plus.
Et là, vous me direz « quel rapport avec mon plaisir ? »  Attendeeeez, je continue :

2 semaines de douleurs, de blocage et de constipation ( chouette des heures sup hahaha ). La dernière semaine, à l’accompagner toutes les 5 mn (vrai) aux toilettes, en le levant du trône (fauteuil) et du trône à chaque fois et en restant longtemps à ses côtés pour espérer le plouf. Tiens, je ne l'avais pas remarqué auparavant en restant si peu de temps, il faudrait que je refasse la déco de ces wc, car c’est d’un gout de chiottes... Bref. Et même la nuit, j’ai dormi exceptionnellement avec lui pour être prêt à l’action. Tout cela, malgré du laxatif prescrit par 2 médecins venus au domicile.
Au bout des 2 semaines, je décide de l’emmener aux urgences pour éviter la "cacatastrophe". Ils l'ont reçu du « bout du doigt » pour retirer un fécalome et retour maison avec une ordonnance de laxatif…. Haha la bonne blague, je ne suis pas dans le caca, et lui non plus d’ailleurs.

24 hrs plus tard et toujours pas caca - le jour où : 62 années pile-poil auparavant, le monsieur en robe blanche disait « Mario, voulez-vous prendre pour épouse Carmen pour l'aimer fidèlement dans le bonheur ou dans les épreuves, tout au long de votre vie ? » - de bon matin (plutôt pas) au réveil, je remarque son état vaseux et crispé : J'appelle le 15
➜ Pompiers
➜ urgences
➜ 1,6 litre d'urine dans la vessie (merci les premières urgences)
➜ annonce d’un pronostic vital engagé
➜IRM
➜ multiples AVC
➜ soins intensifs et hospitalisation en neuro
➜ 5 semaines en soins de suite et réadaptation (SSR)
➜ il ne remarchera et ne reparlera plus !……  ( Aie, ma tête )
Il est dorénavant dans son monde.

Pendant toute cette période, avec l’aide de mes sœurs, qui ont leur travail, leur vie, je continuais à m’occuper de ma mère à la maison et nous passions voir mon père. Lui donner à manger, récupérer le linge sale et le stimuler.

A oui, que je vous précise : au bout d’un mois d’hospitalisation, l’APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) est stoppée (oups) Je suis l’aidant principal et unique, donc je suis payé avec cette aide. Je perçois l’équivalent d’un SMIC par mois grâce aux 2 APA, pour du 24/24  7/7.
Donc, du jour au lendemain, mon SMIC est divisé par 2 pour continuer le 24/24  7/7 avec ma mère, pour aider un peu (haha) mon père à le stimuler, lui laver son linge, etc. La route, l’essence, bref.

Après de longues discussions, nous prenons la lourde, très lourde décision de placer mon père en EHPAD…, EtPAN ! EtMERDE !
Pour un aidant dans l'âme, c'est comme… comment dire… ben je n’sais pas en fait. Mon humour me fait défaut, tient donc.
Donc, EHPAD pour épargner ma mère qui aurait vécu difficilement tout cela avec mon père au domicile et.... trop lourd pour moi ( QUOI? JE L'AI DIT ? NON !!  )
Il est aujourd'hui résident depuis 3 semaines.

Ca fait beaucoup, hein ?  attendeeeeez…., je vous raconte ma mère maintenant :

Elle est à l’hôpital depuis 6 semaines (oui, plus de salaire du tout !). Quand on est marié, on partage tout, on fait tout pareil. C'est beau quand même hein ?
Un matin, grande faiblesse, elle ne savait plus mettre un pied devant l’autre, etc.
➜ SAMU
➜ pompiers
➜ 8 heures aux urgences, pourtant prise dés l’arrivée…
➜ des bleus partout au bout des 8 heures
➜ infection pulmonaire
➜ annonce d’un pronostic vital engagé, car si insuffisance respiratoire, pas de réa dans son état (gloups !)
➜ sa maladie neurodégénérative prend 1 an en un week-end
➜ elle ne remarchera certainement plus.
 
4 jours après son hospitalisation, un bleu énorme accompagné d’une forte douleur apparaît sur l’épaule... «Ouiiiii heu, un mauvais appui sur son bras….et patati et patata ». Au bout d’une  semaine, je réussis à obtenir une radio :
➜ Fracture de la clavicule. « Euh, moi je la manipule depuis 4 ans et demi, les gars et ça allait ?! » Bref !

Infection guérie mais son état mental très dégradé plus la mobilité, Re EtPAN ! , re EtMERDE ! nous décidons aussi de nous « séparer » d’elle également (mot choquant, je sais, mais c’est encore mon ressenti).
Pourquoi aussi ma mère? Je ne peux pas rester avec elle gratuitement (APA pour les aides médicales) alors que j’ai encore une dizaine d’années avant la retraite. Il faut que je pense un peu à moi ( oui, ca aussi je l’ai dit ). Et dans son état, qui n’oblige pas le lit en continu mais avec une dépendance totale, je ne veux pas la laisser 10 heures par jour seule malgré des passages d'intervenants. Entre 2 elle fait quoi ? Bref.

Le temps qu’une place se libère dans l’EHPAD de mon père, je décide de l’envoyer en soins de suite (SSR) pour qu'elle ait affaire à du personnel plus adapté à sa pathologie et son âge.
Et bien, aucun SSR n’a souhaité l’accueillir, car plus de place pour certain, mais surtout « sujet trop lourd » pour la plupart…. Merci pour nos anciens !!
Donc, 6 semaines en service médecine d’un hôpital, où ils n’ont pas ou ne prennent pas le temps de s’en occuper comme il le faudrait. J’ai dormi avec elle les premiers jours, car c’était une obligation de l’établissement pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, sous peine de la transférer ailleurs. Au bout de quelques jours, ils ont jugé qu’elle ne risquait pas de s’enfuir, j’ai donc pu redormir chez moi. Je lui donne la plupart des repas depuis le début et mes sœurs les autres.

Donc, voilà l’explication de ce moment de bonheur le soir, seul, vautré sur mon canapé comme un ado, à manger cette barre chocolatée pleine de cochonneries à l’intérieur. Hummmm !!!
Ces nuits aussi, où je n’ai plus cette alarme dans ma tête, qui me permettait d’entendre le moindre bruit et de me réveiller jusqu'à 17 fois, pour aider mes parents aux toilettes ou pour les rassurer. Quoique, je me réveille encore souvent et je me lève encore plus tôt.

Ce plaisir aussi, la nuit où je couvre mon oreille pour dormir :
Quand j’étais petit, j’avais peur dans le noir la nuit et je me sentais en sécurité une fois mon oreille du dessus (la gauche par exemple quand je dormais sur le côté droit) recouverte par la couverture. C’est une habitude que j’ai toujours gardée, sans la peur du noir dorénavant. Jusqu’au jour où j’ai commencé à m’occuper de mes parents il y a 5 ans, car je mettais en route cette fameuse alarme dans ma tête et je laissais donc libre mon oreille. Depuis que j’ai passé mes premières nuits récemment sans mes aidés à la maison, j’ai donc pu reprendre cette habitude. Et bien, vous n’imaginez pas ce plaisir lié à l’enfance, que j’ai ressenti.

Vous allez me dire « tu es heureux maintenant ». Pour le moment, je l’étais plus avec mes parents. J’ai évolué grâce à eux. Je suis plus tourné vers les autres, j’ai beaucoup appris et j'ai de très bons amis aidants. Mes parents m’ont donné énormément.

Une nouvelle aventure d’aidant démarre. Je vais m’inscrire comme demandeur d’emploi aussi. Je pense que je vais rester dans le milieu de l’aidance.
Mon père est en établissement et bientôt ma mère. D’ailleurs, je ferai un billet sur ce monde parallèle qu’est l’EHPAD
Je vais m’y faire ?? peut-être, nous verrons bien, mais :
J’ai beau connaître un peu la maladie, avoir certaines réponses scientifiques, connaitre le fonctionnement de cette foutue culpabilité (j'en parle ICI ), connaître mes limites, mais à chaque fois maintenant, que mon père me regarde dans les yeux d’un air sérieux et sans expression (son visage dorénavant avec l’AVC), avec une bouche légèrement sur le côté (l’AVC) - vous savez comme quand vous avez cette même expression face à quelqu’un que vous trouvez lamentable et que vous dites dépité, « pffffff » - Et bien je ne peux pas m’empêcher de croire systématiquement qu’il me dit « pourquoi tu me laisses là ? »  ………………
 

21 juillet 2017

tous les trous sont permis

Non, vu le titre, je ne vais pas vous raconter le dernier film X, même si quelqu'un va quand même se faire......
Pour le coup, je pense au trou de la sécu.

Mon père étant constipé et un peu faible, j’appelle son médecin pour une visite au domicile.
Délai, 1 semaine comme d'habitude (OUPS !!).
J’appelle donc le médecin de ma mère qui vient dans la journée. Son cabinet est à 100 mètres.
Il consulte mon père, ok.
Ma mère, qu'il voit tous les 2 mois si tout va bien, et ayant une ordonnance datant d’un mois, je lui demande s’il veut la renouveler maintenant en cas de vacances, et ainsi la revoir 2 mois après.
Il me répond que non, car il reste encore 1 mois sur l’ordonnance et comme il sera là, nous pourrons passer. Bon, OK !
Il décide quand même de lui prendre sa tension, et c’est tout. Temps écoulé pour elle : 1mn30.

Pour le payement pris à 100%, il me propose de venir le lendemain à son cabinet pour passer la carte dans son appareil de télétransmission. Je lui dis « OK je viendrais avec LA carte vitale » (de mon père). Il me reprend en disant, d'apporter les 2 cartes……..

Résultat, 2 consultations à domicile facturées à la sécu, pour revoir ma mère dans 1 mois où il prendra que la tension et renouvèlera l'ordonnance comme dab, si tout va bien.
Cool la vie

21 février 2017

Merci vieille branche

Un jour, on m'a offert un petit bonsaï. Il était magnifique avec un tronc en forme de serpent dansant. Au bout de quelques mois, il s’est mis à perdre toutes ses branches et ses feuilles. Je l’ai apporté à la clinique du bonsaï à Paris et ils m’ont confirmé que le tronc était sec et mort. Il ne restait plus rien que ce bout de bois.
Il ne devait pas se sentir bien dans ce nouvel environnement, je l'avais certainement mal entretenu. Ma mère ne voulait pas que je m'en débarrasse.
J’ai donc continué à l’arroser, plus délicatement, mais sans grands espoirs.
Et dans un coin du tronc…, une petite branche s’est mise à pousser à la verticale, et droite de fierté.
Aujourd’hui, cette branche est deux fois plus haute que le bonsaï d’origine. Grâce à elle, d’autres branches ont poussé dessus. Je la taille très peu, elle ne ressemble à rien des standards du bonsaï, mais elle vit. Je la laisse s’éclater à sa guise. Le tronc d'origine est toujours là et toujours aussi sec. On ne le regarde même plus, les yeux se braquent sur cette fine branche.
Le Bonsaï a 13 ans aujourd'hui et toujours la grande forme. Bon… il a des périodes difficiles, mais il repart toujours après.
Ma mère, qui fonctionne en mode limité avec la maladie, à une joie immense à le contempler.
Merci la branche, merci la vie !


29 janvier 2017

Va faire pipi stp !!

Non, je vais parler ni de vessie ni de prostate
L'autre jour, j'ai osé m'absenter deux heures une fois mes parents couchés, car le début de nuit est normalement tranquille.
De retour à minuit, j'ouvre la porte de l'appartement avec ma clef et... oh stupeur, entre temps, le loquet de sécurité avait été enclenché (celui qui permet d'entrouvrir la porte pour parler en sécurité avec l’inconnu qui a sonné). L'un d'eux, s'était levé inhabituellement tôt pour certainement libérer une envie pressante et d'un réflexe, pourtant enfoui depuis bien longtemps, avait remarqué le loquet en position inhabituellement ouverte pour la nuit. 
Alors : sonner ne servirait à rien car ils n'entendent pas. Le téléphone, pareil, mais comme ils ont un combiné dans la chambre, j'ai tenté la chance, et j'ai appelé au moins vingt fois mais sans succès. Je décide donc de passer la nuit dans la voiture : glagla. Sauf, qu'ils se lèvent à 10h et qu'en milieu de nuit ils peuvent se lever plusieurs fois et non sans risques. Que faire alors ? Je prends la trousse à outils de la voiture et je condamne définitivement ce loquet ? Il s'agit d'une porte blindée...
Une envie de pipi serait idéale pour me faire remarquer... et ben non, comme par hasard !
Porte entre-ouverte, en passant le bras, je pouvais atteindre l'interrupteur de la lumière du couloir : j'ai fait ambiance boite de nuit pendant environ quinze minutes, sans succès.
Après 5 heures d'actions et de vaines tentatives pour dormir dans la voiture; enfin la petite lumière dans la tête : il suffisait de repousser un petit ergot avec une pointe pour déverrouiller le loquet. Etonnant pour la sécurité mais idéal pour moi.
Une fois entré, la première chose que j'ai faite : pipi
 

6 janvier 2017

Pourquoi

Pourquoi avoir des w.c. quand on peut faire dans le bac à linge sale
Pourquoi avoir des couverts quand on a des doigts
Pourquoi avoir une poubelle quand on peut jeter les pépins par terre
Pourquoi avoir des placards quand on peut ranger son verre.... par la fenêtre
Pourquoi faire de longues phrases quand on peut tout dire en une syllabe
Pourquoi avoir une boite à pain quand on peut le mettre dans le lave-linge
Pourquoi avoir une brosse à cheveux quand la brosse à dents et son dentifrice suffisent
Pourquoi avoir des principes quand on peut aller directement à l’essentiel
Pourquoi avoir un œsophage quand on a un larynx
Pourquoi tu cries, quand j’écris ?
Pourquoi… t’es plus là, quand t’es là… ?

25 novembre 2016

D’où vient cette motivation ?

D’où vient cette motivation pour aider un proche a une vie meilleure en mettant la sienne de côté ?
Pour sombrer dans l’isolement, pour diminuer son espérance de vie.
Et cette foutue culpabilité ? Ce sentiment destructeur se nourrissant de notre éducation et nos règles, qui nous suit consciemment ou inconsciemment comme un boulet. Consciemment, quand l’aidant prononcera toujours le mot « culpabilité » lorsqu’il devra laisser en établissement son proche dont il est responsable, alors qu’il fait certainement ce qu’il y a de mieux à ce moment-là. Inconsciemment, quand il s’investit à deux-cents pourcents pour combler les brèches de l’aidance, bien souvent jusqu’à la rupture. Comme moi d’ailleurs, lorsque je dis « des intervenants chez moi ? jamais ! ». Pour un aidant ressource qui « conseille » les autres, ça fait mauvais genre.
La négligence n’est jamais bien loin aussi et pas besoin d’être un méchant : Par manque de connaissance, épuisement, isolement et vous devenez négligent passif. En survolant de plus en plus les besoins fondamentaux du proche, en repoussant un peu plus un rendez-vous annuel chez le spécialiste, car il évoque pour l’aidant un moment pénible, etc.

D’où vient cette motivation pour contribuer aux 164 milliards d’euros par an que les aidants prennent en charge. Ajouter à cela, du personnel médical insuffisamment qualifié et qui n’a pas le temps faute de moyens, de s’occuper pleinement du proche avec humanité. Et après ça, on va vous former sur les bases de cette Humanitude... euh, humanité, je voulais dire.
« Ah oui, étonnant,  elle est plus reposée après une toilette de 20 minutes plutôt que 6 »
« Ah ça alors, elle réagit mieux aussi quand on lui demande gentiment de détendre le bras plutôt que de forcer dessus »
Mince, alors !

D’où vient cette motivation d’aidant pour faire face encore aujourd’hui, aux anciens chiffres de 2008 que nos représentants annoncent toujours, sur le nombre d’aidants en France ? A savoir, 8.3 millions, car ils sont issus de la seule enquête officielle à leurs yeux. La fondation April a fait une étude en 2015 qui indique 11 millions. Alors, peut-être que cette dernière n’est pas officielle, mais on peut bien admettre que la population générale ayant augmentée depuis 2008, le nombre d’aidants également.
A moins que cette augmentation dérange.

Ma motivation ? elles sont deux, derrière moi, sur le canapé.

23 novembre 2016

Comment ne pas lui dire

Comment ne pas dire à une jeune femme de 19 ans pleine de sensibilité, qui ne connait pas vraiment le statut d'aidant, le mien ; quand elle vous raconte que son grand-père de 92 ans (ça va ! l'âge de mon père) en maison de retraite, veut mourir et qu'il n'en a plus pour longtemps. 
Qu'il a encore sa tête, mais qu’elle préférerait qu'il ne l'ait plus pour ne pas se rendre compte. Qu'il est sous morphine (voir, pire) car il a des douleurs, des escarres, des crampes, qu'il a la "flemme", qu'il a donc perdu physiquement, qu'il est tout maigre et qu'il ne veut plus manger.
Alors oui, je ne connais pas son dossier médical, mais comment ne pas lui dire que, si son père à elle, son fils à lui, le prenait à la maison, il repartirait peut-être pour un tour...

Comment ne pas lui dire, et pourtant...

18 juillet 2016

Des pitchounes, des anges

Regarde, des pitchounes arrivent. C'est pas, malheureux ! 
Haaaa, là, je le dis, je pleure ! Et ça me fend le cœur.
Mais qu'est-ce qui se passe en bas ?
C'est à cause de lui là, hein ? Encore l'un d'eux...
Heureusement qu’ils font bien leur travail au triage.
Il s'attend à des filles en chaleur ?
Et ben, tu vas avoir chaud mon gars !
Les pitchounes, eux, deviendront des anges !
Tu sais…, le jour où la France mettra un genou à terre, ces couillons serviront de coussin


2 juin 2016

La maman plus forte que la maladie

Cet après-midi, j’ai participé à un programme thérapeutique en tant qu'aidant ressource.
Me la péter, ça, c’est fait !
J'ai raconté au groupe que ma mère adore m'avoir à ses côtés sur le canapé en me tenant la main. Ses 2 mains sur la mienne, posée sur ses cuisses et contre son ventre. Elle parait en sécurité et que rien ne peut nous atteindre.
J'ai précisé que, si je ne faisais que regarder la télé pendant ce temps ; systématiquement,  je m'endormais alors que cela ne m'arrive jamais seul. Je peux regarder des heures un programme sans m'endormir même en fin de soirée, alors qu'avec ma mère, je succombe.

La psychologue du groupe a trouvé cela très intéressant et m'a dit que durant ce joli moment, les rôles se ré-inversaient naturellement (la première fois avec la maladie neurodégénérative et l’aidance) et que ma mère retrouvait son rôle de maman et moi de fils.

Joli non ?


29 mai 2016

Bonne fête maman

"Oui, bonne fête...
La fête...Non pas l'anniversaire, la fête...
Hein ? Je disais bonne fête maman...
Maman... oui, toi. Tu es ma maman !?  Ma… mère
Mais non ! je ne suis pas ton mari…  (écoute-moi bien jeune palawan, JE SUIS TON FILS)
Non !! pas Marie ton ancienne maîtresse religieuse...
Quoi "au chocolat" ? Oui j'irai t'en acheter une demain.
Je disais, ton mari, c'est papa...
Ton papa ?
Non, pas le tien… et il est parti il y a longtemps.
Ou ? Ben au ciel.
Quoi, "bonne idée" ?
Tu veux prendre un bain maintenant ? Au quoi ?  ...
.
-
Oui ! voila ! La fête des mères !  (ouf !)
QUOI "LA PLAGE" ? ... "

9 mai 2016

Code Alois

Bonjour Mr Phelps
Votre mission, si toutefois vous l'acceptez, sera de retarder la progression de l'un des plus grands terroristes.Ne tentez rien de plus pour le moment. A ce jour, aucun de nos services n'a réussi à l'arrêter, mais nous y parviendrons.
La population encerclée et ensuite décimée entraine la déstabilisation de l’ensemble des structures.
Ces structures infectées sont progressivement identifiables. De quasiment aucun symptôme apparent, à ceux d’un comportement démentiel.
Vous devez préserver au maximum et par tous les moyens possibles, les ressources encore disponibles.
Votre mission sera difficile et vous marquera longtemps, mais vous êtes notre seul espoir
Le groupe terroriste s’appelle :   "Al  Zhei  Mer"
Si vous échouez, nous nierons avoir eu recours à vos services.
Ce message s’autodétruira dans 5 secondes

 

19 avril 2016

La maladie neurodégénérative ne prend pas de vacances

Mon père se maintient. Il fait 10 « bêtises » à la minute et il est un peu désorienté. 
Parfois le soir, il demande où il doit aller dormir ; alors qu’il est chez lui depuis quelques décennies.
Il demande souvent si son père va arriver.
L’autre nuit, je l’ai retrouvé pantalon de pyjama aux chevilles, assis tranquillement sur le tabouret de la salle de bain. A sa manière, il fait la « nuit debout ». Son record est de 18 fois aux toilettes en une nuit. Evidemment, je me lève systématiquement et a chaque fois il me dit « bonjour, ca va ? ».
Il parait que je risque un AVC quand il va aux WC… (se lever trop rapidement)

Contrairement à lui qui reste encore lui-même, le cas de ma mère est beaucoup plus sérieux et demande de plus en plus d’attention. Il y a des hauts et des bas.
Elle se bat pour faire des phrases et parfois elle réclame l’attention par des cris.
Sa vie est une ritournelle : quand elle me demande où je suis, car elle me cherche enfant.
Quand elle dit ne pas être chez elle, pensant à un ancien lieu de vie.
Quand elle demande des nouvelles de ses parents.
Quand elle ne sait plus baisser sa culotte et se positionner sur les toilettes. Une grande leçon «d’humidité»
Par moment, elle ne sait plus mettre un pied devant l’autre et n’a plus du tout d’équilibre. Donc, je l’aide.
Toutes mes manipulations de son corps sont étudiées. Mes connaissances en science mécanique m’aident bien, je pourrais presque écrire une « méthode ». Je fais ma propre formation.
Elle est retournée en enfance, elle qui était si cultivée.
Son mental s’échappe toujours plus. Comme je disais à mon amie Kat, j’essaie de la retenir, mais la corde s’effiloche de plus en plus.
Vous voyez ? : comme être au-dessus du précipice, tenter de la remonter, les yeux tristes dans les yeux, mais fatalement trop lourde.

Les bons côtés ? Oublier très rapidement les mauvaises nouvelles comme le décès de son frère adoré. Ne plus avoir de principes inutiles, polluants et profiter sans détour des bonnes choses.

Mais sincèrement, j’espère qu’ils n’arriveront pas au stade terminal de la maladie, bloqués au lit, en sachant paradoxalement que cet état peut durer plusieurs années.
Je m’étonne de dire cela, aidant dans l’âme, mais franchement, à quoi bon ?!

« La mort est un manque de savoir-vivre » Alphonse Allais


 

23 mars 2016

L'amalgame a la dent dure

Mes parents furent immigrés et de nationalité différente. 
J’ai été élevé dans la tolérance et la religion catholique. Naïvement (ou pas) ma mère ne comprend pas le racisme. Nous avons tous la même couleur de sang.

Je suis référent de quartier pour ma mairie dans une ville de région parisienne.
Mon secteur comprend une cité de 2500 logements que je connais depuis toujours. Il y a une forte concentration de familles issues de l’immigration africaine.
Entre autres, depuis les événements de Charlie et du Bataclan, je discute avec les tout premiers habitants qui sont majoritairement d'origine autre qu'africaine (espagnole, italienne, etc) car ils représentaient fortement l'immigration de l'époque et bien sûr française.

Aujourd’hui, l'amalgame se fait sentir et je comprends cette réaction même si je ne la cautionne pas. Car, dans une telle cité, qui n'est pourtant pas un ghetto, la vie n'est simple pour personne même pour ceux qui sont "typés" européen (désolé, je ne sais pas le définir autrement) 
Ces habitants se font rares aujourd'hui au point de se regarder avec étonnement lorsqu'ils se croisent. 

Directement ou indirectement, chaque jour, ils se font traiter de raciste même par des parents :
Pour avoir bronché lorsque quelqu'un les bouscule, pour ne pas faire leurs courses dans l'épicerie d'en bas, pour passer devant des squatteurs en rentrant chez eux, etc.

Ils voient des jeunes habillés en noir des pieds à la tête avec la capuche sur la tête comme des ninjas, participant  au trafic de drogue et semant la terreur. Le vendredi, ils les retrouvent dans la tenue qu’ils appellent « de prière » pour aller à la prière. Ils me disent "comment peut-on être croyant pratiquant et mauvais à ce point ?"  Evidemment... 

Les médias vous disent que les terroristes se fondent dans la masse. Un des terroristes du 13 novembre était conducteur RATP dans une ligne de bus qui passe dans cette cité et fréquentait une mosquée du coin. 

Le lendemain de l'attentat de Charlie, je passais près d'un groupe de jeunes ninjas. Ils commentaient ouvertement les événements avec jouissance. Ils ne sont certainement pas djihadistes, mais ils ont depuis très jeunes, la haine de toute autorité. 

Donc, toutes ses données dans la tête de personnes obtuses génèrent très facilement de l'amalgame.

Une grande pensée à nos amis belges, une fois (même plus) mais pas "qu'eux" 
Aux ivoiriens, saoudiens, burkinabés, turques, libyens, américains, maliens, libanais, égyptiens, yéménites, danois...


13 mars 2016

23 secondes top chrono

Voici des échantillons d'un article du Parisien sur le livre "Docteur, écoutez !" de Laurence Verneuil dermatologue et Anne Revah-Levy pédopsychiatre. Ed. Albin-Michel.  
En tant que patient et aidant familial, je suis d'accord à un point que vous n'imaginez même pas, sauf si vous suivez mon blog depuis le début.
 
Le temps de parole laissé au malade au début d'une consultation qui devrait osciller entre 10 et 20 MINUTES, se limite en réalité a... 23 SECONDES en moyenne.

La relation médecin malade est la base de la médecine et le monologue du patient au début de la consultation est essentiel.

Le médecin doit supporter les minutes de cette introduction pas forcément bien structurée. Ne s'agit pas de psychologie, mais bien de diagnostique.

Si le malade semble se perdre en détails, phrases confuses et mots pas toujours justes, c'est le mieux placé pour parler de sa maladie et des traitements. Lui qui les vit. Le symptôme le plus évocateur ne vient pas forcément en premier. 
  
Si vous le coupez, vous vous coupez d'une part de l'information sur laquelle il ne reviendra pas ensuite. 

Le temps d'écoute ne doit pas être la variable d'ajustement. Comment s'étonner sinon de l'engouement croissant pour les médecines douces qui pèsent aujourd'hui 15 millions de consultations par an 

Les 23 sec ont aussi un coût pour la Secu, le patient multipliant les visites chez les praticiens et examens pour trouver une réponse. Sans parler des médicaments. Les médecins qui ont les consultations les plus courtes sont ceux qui en prescrivent le plus 


7 mars 2016

L'oubli

Nous devons tous un jour, faire face à un moment de notre vie que nous voulions oublier. 
A contrario, nous devons tous un jour faire face à l'oubli d'un moment de notre vie
 

16 février 2016

Délivrance

Des jours enfermés dans cet espace sombre. La seule issue est si minuscule que personne ne peut s’échapper et nous nous entassons de plus en plus.
L'endroit est vieux et sans activité depuis bien longtemps. Les murs risquent de céder sous la pression et dieu sait ce qui nous attend de l'autre côté.  
Nous sommes déshydratés, par le manque d'eau, mais aussi par la nourriture inappropriée. 

Mon jour est arrivé, je dois absolument profiter de cette fenêtre de relâche. J'y vais. Je me faufile. Je me déshydrate de plus en plus. Un long couloir agressif, vicié, me dirige vers la sortie. 

Enfin, j'y suis ! Je tente de passer, je force, ça fait mal, mais il faut que je sorte. 
J'aperçois la lumière, encore un effort, ALLEZ ! ça y est ! La délivrance ! 
Maintenant, je suis libre et mes camarades seront moins à l'étroit, un temps, en attendant leur heure. 

ALLE LLUIA !! Non, je ne motive pas une équipe de football, mais OUI, MA MERE A GAGNE ! 
Je lui "décerne sous ces yeux" ébahis, la médaille d'or du "bronze".
Ma reine, au côté de son "chihuahua", a remporté ce long combat depuis son "trône" malgré un régime "sans sel" prescrit par son cardiologue, depuis son cabinet.
Allez, il doit déjà nous quitter pour tout péter, car la période de "chasse" est ouverte.

12 février 2016

La douce mélodie du rossignol ?

Rencontre passée avec l’ancienne secrétaire d’État qui a fait voter la loi d'adaptation de la société au vieillissement, et je l'en remercie, plus des confrères blogueurs pour échanger sur
les personnes âgées

NON, Madame, vous ne m'aurez pas !
Avec un bâtiment du ministère qui en jette ?
NON, Madame, vous ne m'aurez pas !
Avec des petits fours, café, thé, jus de fruit, serveur ?
NON, Madame, vous ne m'aurez pas !
Avec votre équipe féminine de 4 personnes ?
NON, Madame, vous ne m'aurez pas !
Et alors (!), vue de la fenêtre..., faire scintiller la tour Eiffel, rien que pour nous…
NON, NON, NON, Madame, vous ne m'aurez pas !

Bon...
Heeuuu…
Oui…
Elle m’a eu !

Elle a le mérite de nous avoir invité. Oui, nous n'avons rien demandé. 
Elle nous a écoutés; le message est passé.
Elle ne nous a pas embrouillé l’esprit avec des phrases complexes.
Elle m’a paru sincère.
Bien sûr que nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours et que tout n’est pas simple ni possible.

Félicitations pour votre « promotion » (tiens (?), en période de soldes…) et bonne chance.
N’oubliez pas notre échange, les personnes âgées et leurs aidants sont une famille.
Et dorénavant, vous pourrez vous occuper des autres aidants...


Mes nouveaux amis blogueurs (merci @Babeth_AS  pour la liste :-) )

@CharlieIsDark : http://charlieisdark.blogspot.fr
@Soskuld : http://www.soskuld.com
@kataidante : http://chroniqueshortensiennes.blogspot.fr
@CTrivalle : http://gerontoprevention.free.fr
@AzaeSAP : http://www.maintienadomicile-conseils.com
Marie Bertrand : http://la-vie-en-vieux.over-blog.com
 

20 janvier 2016

Le pouvoir de dire NON. Que la force soit avec nous

Qui n'a jamais aidé un ami à déménager, accepté une invitation, traité un dossier supplémentaire au travail ; avec l'envie profonde de dire "NON !"  
Peur d’être jugé, peur du conflit ?   Quand notre éducation nous pousse à agir selon le désir de l'autre. Ne pas dire non à maman pour ne pas la décevoir.  
Dire "OUI" est apparenté à la gentillesse (??). Mais, celui qui nous dit "non" est-il systématiquement mal perçu ?! 
Comme mon préposé, c'est le fameux "facteur humain". Qui interprète les choses suivant son vécu en incluant évidemment l'erreur humaine.

Pourtant, c'est facile de dire "NON", non ? : 

"NON, madame, ce ne sont pas les bougies qui empêchent votre voiture de démarrer, mais bien les 4 pneus. Et croyez-moi, j'ai du métier" 

"NON, messieurs dames, le taux de votre crédit NTM n'est pas évolutif"

"NON, monsieur Aidant..." "Philippe"  "Monsieur... Philippe, NON disais-je, pas la peine, je pense qu'il a juste besoin de faire caca plus souvent"  
Plusieurs semaines après :  "Votre père a un lymphome agressif de 10 cm sur le grêle"… 

Ben oui, quel gâchis d'opérer pour une tumeur de 3 cm. 10 cm c'est tellement plus fun ! 
Notre médecin pratique parfois les arts martiaux : le cas raté.

Je n'ai pas eu les "gonades" de lui dire : "NON, écoutez-moi lorsque je vous demande de lui palper le ventre".    Palpez pour palper s'il vous plaît, et j'en aurais pour mon argent.

Est-il mieux disposé que moi pour dire "NON" parce qu'il est éminent dans son domaine ?

N'ai-je pas un semblant de crédibilité, d'expérience en vivant 24/24 avec mon aidé connecté à tous mes sens. En devant déchiffrer ses gênes par manque de paroles cohérentes, en l'aidant a se lever de son lit, de son fauteuil, en l'aidant a se laver, en lui préparant les repas, en lui lavant son appareil dentaire, en lui faisant travailler la mémoire, sa motricité, en guettant ses selles, en me levant plusieurs fois la nuit pour le guider aux toilettes et lui rappeler comment s'assoir correctement ?   

Je dois tout absorber.

Maintenant, je vais enfin me dévoiler :   Bob l'éponge..., c'est moi ! 

 

12 janvier 2016

A savoir sur nos petits surdoués

Voici un sujet qui me tient particulièrement à cœur pour en connaitre.
Le mot surdoué ne plait pas toujours, mais il parle à la majorité d’entre nous.
Voici des notes que j’avais extraites, il y a longtemps, du livre « l'enfant surdoué » 
de Jeanne Siaud Facchin, psychologue clinicienne, spécialiste des surdouéswww.jeannesiaudfacchin.com


Un enfant surdoué se distingue par la forme particulière de son intelligence.
C'est l'aspect qualitatif, et non pas quantitatif, qui a de la valeur.
Etre surdoué ne signifie pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec un mode de pensée et une structure de raisonnement différente.
C'est cette particularité qui rend souvent difficile sont adaptation scolaire, mais aussi sociale.
Sur le plan affectif, l'enfant est un être d'une sensibilité extrême, muni de multiples capteurs branchés en permanence sur ce qui l'entoure.
L'enfant surdoué perçoit et analyse avec une acuité exceptionnelle toutes les informations en provenance de l'environnement et dispose de la capacité étonnante de ressentir avec une grande finesse l'état émotionnel des autres.
Véritable éponge, l'enfant surdoué est depuis toujours littéralement assailli par des émotions, des sensations et des informations multiples qui lui est le plus souvent difficiles de vivre, d'intégrer et d'élaborer.
L'enfant tente de s'en protéger par une mise à distance de toute la sphère émotionnelle et se "coupe" de ses propres émotions.
Ce fonctionnement fragilise le développement affectif de ces enfants et les rend psychologiquement vulnérables.
C'est la singularité de son mode de pensée et son fonctionnement affectif qui caractérise l'enfant surdoué.
Un enfant surdoué est un enfant différent

Quand il aime, c'est de façon totalement absolue et indestructible. Prêt à tout pour défendre l'autre.
Haine farouche pour celui qui l'aura déçu ou pire, qui l'aura blessé. La blessure reste ouverte très longtemps.

Susceptibilité extrême. Attention à l'impact de la moindre remarque aussi anodine soit elle. Elle peut déclencher un cataclysme émotionnel.
Il faut comprendre cette susceptibilité quand on voit à quel point l'enfant ressent tout avec une telle intensité.

Il peut se rappeler d'épisodes de sa vie de bébé et en garder la charge émotionnelle.
L'enfant vit avec la peur de l'émergence de ces angoisses profondes et qui pourraient venir perturber son adaptation au monde.

Il peut percevoir la moindre émotion chez l'autre avant que celui-ci en soit conscient

Mathieu subit depuis 2 ans les disputes de ces parents. Il sent les hostilités se profiler avant qu'elles n'éclatent. Pour y remédier, il attire l'attention sur lui en lançant une conversation voir même une bêtise et permettre ainsi à l'agressivité de s'exprimer autrement.

Toutes les informations venant de ces sens sont interprétées. Une odeur sera analysée alors que nous-mêmes la sentons sans en connaître son origine.

Il perçoit la fragilité des autres, les souffrances et les faiblesses.
Un enfant a besoin de sentir que l'adulte est solide, qu'il peut le protéger.
Comment vivre sereinement quand l'adulte censé être fort est perçu plus fragile.

Par contre, il aura un amour, une passion, pour un adulte dont il ressent la capacité à surmonter ses faiblesses. Cet adulte devient un héros.

En résumé :
    - hypersensibilité émotionnelle. Tous les sens de l'enfant sont exacerbés            
       (hyperesthésie) Il est constamment bombardé d'informations sensorielles.
    - L'empathie. Il ressent avec une grande finesse l'état émotionnel des autres.
    - La lucidité.

Attention aux messages que nous envoyons aux enfants. Ils construisent leur identité !
Il faut être très vigilant à ce que l'on dit en tant qu'adulte.
Nous savons que certains de nos messages ne s'adressent pas à la totalité de l'enfant :
"Tu es méchant !" exprime un mécontentement pour une situation précise. Mais l'enfant entend un message identitaire global qui le définit. Il comprend que c'est lui dans sa totalité, qui est méchant.
A l'inverse, il est indispensable d'adresser des messages positifs. On réprimande souvent ce qui ne va pas, car les comportements positifs sont considérés comme normaux.
On gronde toujours l'enfant qui ne vient pas immédiatement à table, mais on ne le félicite pas lorsqu'il vient dés qu'on l'appelle. Notre éducation nous dit que, si on complimente l'enfant, il aura la grosse tête. Plus l'enfant recevra des messages valorisant plus l'image qu'il se construira sera stable et solide.

Mécanismes de défense

3 variétés :
    - la défense par la cognition (faculté de défense)
    - l'humour
    - le développement du monde interne

Cognition : Il va faire passer par l'intellectuel, la logique, le raisonnement, l'explication rationnelle, toutes données émotionnelles.
Humour : Il a beaucoup d'humour. C'est une manipulation du poids émotionnel. Il supporte mal l'humour à son égard. Il ne perçoit pas le sens comique dans ce cas là. Il prend mot pour mot la critique.


Le monde interne
: un monde à l'image de lui où tout fonctionne parfaitement. Il pallie au manque qu’il à dans le monde réel.

Pourquoi son mode de pensée pose problème à l'école :
L'élève n'a pas compris l'énoncé comme tous les autres élèves.
Il est convaincu qu'il ne sait pas, car la réponse que le professeur attend ne peut, à ces yeux, être une réponse possible.

La pensée, qui se développe parallèlement dans plusieurs directions, l'association rapide et incessante d'idées, l'activation simultanée d'un champ de pensées élargies, explique la difficulté de l'élève surdoué à rester dans le cadre du sujet.
Le fonctionnement de sa pensée l'entraîne trop loin et trop vite.
L'intuition mathématique qui lui donne les réponses sans qu'il ait développé un raisonnement, les procédures de calcul qu'il utilise, l'incapacité à justifier et à argumenter sa réponse constitue une entrave lourde de conséquences dans le modèle scolaire.


Parcours scolaire

Primaire : se passe plutôt bien. Son intelligence lui suffit pour intégrer les connaissances et les restituer sous une forme acceptable.
Sa mémoire prodigieuse lui assure un travail minimal. Souvent, il sait avant d'avoir appris sa leçon, car il a entendu la maîtresse dicter son cours ou il a parcouru sa fiche avant de la ranger dans son cartable. Et cela lui suffit pour réciter.

Collège :

6ème : malgré les changements d'organisation des cours par rapport au primaire, il parvient encore à s'appuyer sur ces connaissances et son intelligence pour parcourir l'année sans embûche. L'attrait de la nouveauté le stimule. Il sort de la routine du primaire.

5ème : les plus chanceux continus sur leur lancée, mais en fin de 5ème l'essoufflement commence toujours à se faire sentir.

4ème : l'année fatale ! Le séisme est brutal. Soudain, il est demandé à l'enfant d'utiliser des stratégies d'élaboration et de réflexion pour produire son travail. Les professeurs attendent de l'élève une activation des procédures de raisonnement normalement assimilées les années précédentes. L'exploitation des processus d'apprentissage antérieur devient indispensable dans l'expression des connaissances. Et c'est la catastrophe pour l'élève qui se retrouve complètement perdu, incapable de se raccrocher au wagon. Lui qui n'a jamais appris à apprendre est désemparé devant cette demande de l'école. Il est perdu et se demande ce qui lui arrive.

3ème : l'effondrement ! L'enfant s'enfonce dans ses difficultés et entre dans une spirale d'échec.
Habitué à comprendre, à savoir, l'enfant se sent soudain nul et incapable.
Il a honte de ce qui se passe.

Il peut manifester différents comportements qui peuvent aller du désintérêt et du désinvestissement scolaire à des troubles psychologiques plus sérieux : repli, troubles du comportement, dépression.

La fin de la 3ème est un tournant décisif. C'est l'aiguillage qui permet ou non la poursuite d'études générales.

La dépression de l'ado surdoué est une dépression sur le vide.
L'objectif : surtout ne plus penser ! Surtout ne plus activer la machine à penser ! Ce vide dépressif est un mécanisme de défense contre les pensées.
Il n'est en rien un vide structurel tel qu'on le rencontre dans d'autres cas cliniques.
Pour l'ado surdoué, penser est un équivalent symbolique de "danger" de danger de la mort.
Chez les ados, aucune manifestation de tristesse, de douleur, de souffrance n'est ressentie ni exprimée. Il n'existe plus aucune possibilité d'accéder au monde interne, au monde des émotions. Tout est verrouillé, barricadé, cadenassé.
En consultation, l'ado, inlassablement, répond "je ne sais pas" à toutes les questions qui lui sont posées. Il ne s'agit pas d'une manifestation d'opposition, mais d'une réelle volonté de surtout ne plus rien savoir, ne plus réfléchir.

Comment le motiver :

Permettez-lui de s'impliquer et de s'approprier ses réussites.
Il ne travaille pas pour vous faire plaisir ou pour vous ramener des notes, mais pour lui, pour son propre plaisir. Ce qui est différent de "c'est pour ton avenir. Si tu ne travailles pas, c'est toi qui seras embêté plus tard. Si je te dis ça, c'est pour toi. Moi, ça y est, j'ai un métier."
Ce type de discours envahit l'espace de votre enfant, car il contient un paradoxe : "je te demande de travailler POUR TOI"
L'enfant doit ressentir en lui, l'envie de travailler et de réussir. Ce doit être SON projet.

Développer son estime de soi. Encouragez-le, félicitez-le.
Quand la motivation est déclenchée, elle a besoin de renforcement positif extérieur (vos encouragements). Plus vous manifestez votre plaisir de le voir réussir, plus il aura envie de renouveler son exploit.
Une autre réussite s'enchaînera sur celle-ci si elle a été suffisamment valorisée.
La valorisation de la réussite est beaucoup plus efficace que la sanction de l'échec.

7 janvier 2016

Chtar wars, le pire contre-attaque

A la demande d'une revue médicale, j'ai osé proposer ce texte très décalé, avec des mots à double sens et sans fil conducteur évident, pour bousculer un peu. Ok, ça plait ou pas.
Il faut le lire plusieurs fois pour en connaitre toutes les subtilités.
Je fais un clin d’œil sincère aux infirmières et aux aides-soignantes, mais façon rock'n'roll. 
Il a été refusé, car trop barré. Snif 
Je ne suis pas pigiste, mais par contre bénévole. Il ne faut pas l’oublier.


Petit, je voulais être un grand docteur pour soigner les gens. 
Un gamin a dit : un chirurgien est un docteur super intelligent, car il démonte les corps et les remonte sans se tromper. 
Aujourd'hui encore, j'en rêve ; pour le phantasme de l'infirmière. "Cliché" ? da "Kodak" ! D’ailleurs, la dernière que j'ai vu s'appelait Bernard et j'ai eu mal. 

Mais en contrepartie, j'ai un master d'aidant et rien à voir avec les dentistes. D'accord, ce diplôme n'existe pas, mais vous connaissez le dicton: on est jamais si bien servi que par l'aidant. Quoi ? Je me suis trompé ? J'ai même un master-chef. Vous voulez la recette ? Facile ; écoutez votre cœur et vous saurez si vous êtes reçu. 
Attention, le job est douloureux et nous vieillissons bien vite. Je m'en suis rendu compte quand l'autre matin, face au miroir, je me suis dit "bonjour papa" 

Mais, ça va aller ! Grâce à la loi d'adaptation de la ste au vieillissement qui pense enfin aux aidants par le répit. Enfin… à 156000 aidants (78 M€/500€) sur... 4,3 millions qui s’occupent de personnes de plus de 60 ans, sur... 11 millions tous âges et bobos confondus. Halalaaa, c’est ballot ! 
Donc, les blouses blanches, nous allons nous voir souvent pour nos aidés ET pour nous aider. Aussi, pensez à demander à l'aidant de ses nouvelles car c'est un grand timide dans ce domaine. 
Nous ne vous demandons pas la collation en arrivant, comme la "verveine" chez l'infirmière, le "petit café" chez la pédiatre ou "du thé russe" chez la gynéco - 2 doigts ? même pas en rêve !  

Sinon, je me souviens du témoignage d'une infirmière qui racontait qu'elle avait reçu un chtar par un patient... WOUAOU !! Elle vient vous aider en saignant une veine et repart en saignant, pas de veine ! 
Mesdames soyez des tigresses. Non, pas encore le phantasme, mais je pensais à la chaine alimentaire. Vous savez : toi je te mange, toi tu me manges, etc. 
Dans l'échelle trophique qui mesure cette chaine, les grands prédateurs comme les requins, les ours les TIGRES, sont au niveau maxi de 5,5. Au mini de 1, on y trouve les plantes et planctons. L'Homme est au niveau 2,2 comme les anchois. S'te honte ! C'est peut-être pour cela que l'on se tape dessus, nous les humains, faute d'être de nature, au sommet de la chaine. Et pour certains, c'est encore plus la "Daech" 
Je dis "de nature" car bien sûr que l'on atteint le sommet de la chaine aujourd'hui, mais indirectement par notre capacité de raisonnement et notre technologie. 

Pour finir, infirmières et aides-soignantes, je me cache derrière mon humour à 2 carambars, mon faux machisme, et un texte qui n’a ni queue ni tête, mais je vais être sérieux 2 secondes : JE VOUS ADORE ! 
Vous nous accompagnez vers la guérison ou parfois nos derniers instants et pour cela, il ne faut pas qu'être belles à l'extérieur. 
Bon, n'ayez pas les chevilles qui enflent après ça. Quoique, pour certaines, vous avez de la place dans vos crocs. Ben quoi ? les 2 secondes sont passées !?  :-)