23 mars 2016

L'amalgame a la dent dure

Mes parents furent immigrés et de nationalité différente. 
J’ai été élevé dans la tolérance et la religion catholique. Naïvement (ou pas) ma mère ne comprend pas le racisme. Nous avons tous la même couleur de sang.

Je suis référent de quartier pour ma mairie dans une ville de région parisienne.
Mon secteur comprend une cité de 2500 logements que je connais depuis toujours. Il y a une forte concentration de familles issues de l’immigration africaine.
Entre autres, depuis les événements de Charlie et du Bataclan, je discute avec les tout premiers habitants qui sont majoritairement d'origine autre qu'africaine (espagnole, italienne, etc) car ils représentaient fortement l'immigration de l'époque et bien sûr française.

Aujourd’hui, l'amalgame se fait sentir et je comprends cette réaction même si je ne la cautionne pas. Car, dans une telle cité, qui n'est pourtant pas un ghetto, la vie n'est simple pour personne même pour ceux qui sont "typés" européen (désolé, je ne sais pas le définir autrement) 
Ces habitants se font rares aujourd'hui au point de se regarder avec étonnement lorsqu'ils se croisent. 

Directement ou indirectement, chaque jour, ils se font traiter de raciste même par des parents :
Pour avoir bronché lorsque quelqu'un les bouscule, pour ne pas faire leurs courses dans l'épicerie d'en bas, pour passer devant des squatteurs en rentrant chez eux, etc.

Ils voient des jeunes habillés en noir des pieds à la tête avec la capuche sur la tête comme des ninjas, participant  au trafic de drogue et semant la terreur. Le vendredi, ils les retrouvent dans la tenue qu’ils appellent « de prière » pour aller à la prière. Ils me disent "comment peut-on être croyant pratiquant et mauvais à ce point ?"  Evidemment... 

Les médias vous disent que les terroristes se fondent dans la masse. Un des terroristes du 13 novembre était conducteur RATP dans une ligne de bus qui passe dans cette cité et fréquentait une mosquée du coin. 

Le lendemain de l'attentat de Charlie, je passais près d'un groupe de jeunes ninjas. Ils commentaient ouvertement les événements avec jouissance. Ils ne sont certainement pas djihadistes, mais ils ont depuis très jeunes, la haine de toute autorité. 

Donc, toutes ses données dans la tête de personnes obtuses génèrent très facilement de l'amalgame.

Une grande pensée à nos amis belges, une fois (même plus) mais pas "qu'eux" 
Aux ivoiriens, saoudiens, burkinabés, turques, libyens, américains, maliens, libanais, égyptiens, yéménites, danois...


13 mars 2016

23 secondes top chrono

Voici des échantillons d'un article du Parisien sur le livre "Docteur, écoutez !" de Laurence Verneuil dermatologue et Anne Revah-Levy pédopsychiatre. Ed. Albin-Michel.  
En tant que patient et aidant familial, je suis d'accord à un point que vous n'imaginez même pas, sauf si vous suivez mon blog depuis le début.
Le temps de parole laissé au malade au début d'une consultation qui devrait osciller entre 10 et 20 MINUTES, se limite en réalité a... 23 SECONDES en moyenne.

La relation médecin malade est la base de la médecine et le monologue du patient au début de la consultation est essentiel.

Le médecin doit supporter les minutes de cette introduction pas forcément bien structurée. Ne s'agit pas de psychologie, mais bien de diagnostique.

Si le malade semble se perdre en détails, phrases confuses et mots pas toujours justes, c'est le mieux placé pour parler de sa maladie et des traitements. Lui qui les vit. Le symptôme le plus évocateur ne vient pas forcément en premier. 
  
Si vous le coupez, vous vous coupez d'une part de l'information sur laquelle il ne reviendra pas ensuite. 

Le temps d'écoute ne doit pas être la variable d'ajustement. Comment s'étonner sinon de l'engouement croissant pour les médecines douces qui pèsent aujourd'hui 15 millions de consultations par an 

Les 23 sec ont aussi un coût pour la Secu, le patient multipliant les visites chez les praticiens et examens pour trouver une réponse. Sans parler des médicaments. Les médecins qui ont les consultations les plus courtes sont ceux qui en prescrivent le plus 


7 mars 2016

L'oubli

Nous devons tous un jour, faire face à un moment de notre vie que nous voulions oublier. 
A contrario, nous devons tous un jour faire face à l'oubli d'un moment de notre vie