25 novembre 2016

D’où vient cette motivation ?

D’où vient cette motivation pour aider un proche a une vie meilleure en mettant la sienne de côté ?
Pour sombrer dans l’isolement, pour diminuer son espérance de vie.
Et cette foutue culpabilité ? Ce sentiment destructeur se nourrissant de notre éducation et nos règles, qui nous suit consciemment ou inconsciemment comme un boulet. Consciemment, quand l’aidant prononcera toujours le mot « culpabilité » lorsqu’il devra laisser en établissement son proche dont il est responsable, alors qu’il fait certainement ce qu’il y a de mieux à ce moment-là. Inconsciemment, quand il s’investit à deux-cents pourcents pour combler les brèches de l’aidance, bien souvent jusqu’à la rupture. Comme moi d’ailleurs, lorsque je dis « des intervenants chez moi ? jamais ! ». Pour un aidant ressource qui « conseille » les autres, ça fait mauvais genre.
La négligence n’est jamais bien loin aussi et pas besoin d’être un méchant : Par manque de connaissance, épuisement, isolement et vous devenez négligent passif. En survolant de plus en plus les besoins fondamentaux du proche, en repoussant un peu plus un rendez-vous annuel chez le spécialiste, car il évoque pour l’aidant un moment pénible, etc.

D’où vient cette motivation pour contribuer aux 164 milliards d’euros par an que les aidants prennent en charge. Ajouter à cela, du personnel médical insuffisamment qualifié et qui n’a pas le temps faute de moyens, de s’occuper pleinement du proche avec humanité. Et après ça, on va vous former sur les bases de cette Humanitude... euh, humanité, je voulais dire.
« Ah oui, étonnant,  elle est plus reposée après une toilette de 20 minutes plutôt que 6 »
« Ah ça alors, elle réagit mieux aussi quand on lui demande gentiment de détendre le bras plutôt que de forcer dessus »
Mince, alors !

D’où vient cette motivation d’aidant pour faire face encore aujourd’hui, aux anciens chiffres de 2008 que nos représentants annoncent toujours, sur le nombre d’aidants en France ? A savoir, 8.3 millions, car ils sont issus de la seule enquête officielle à leurs yeux. La fondation April a fait une étude en 2015 qui indique 11 millions. Alors, peut-être que cette dernière n’est pas officielle, mais on peut bien admettre que la population générale ayant augmentée depuis 2008, le nombre d’aidants également.
A moins que cette augmentation dérange.

Ma motivation ? elles sont deux, derrière moi, sur le canapé.

23 novembre 2016

Comment ne pas lui dire

Comment ne pas dire à une jeune femme de 19 ans pleine de sensibilité, qui ne connait pas vraiment le statut d'aidant, le mien ; quand elle vous raconte que son grand-père de 92 ans (ça va ! l'âge de mon père) en maison de retraite, veut mourir et qu'il n'en a plus pour longtemps. 
Qu'il a encore sa tête, mais qu’elle préférerait qu'il ne l'ait plus pour ne pas se rendre compte. Qu'il est sous morphine (voir, pire) car il a des douleurs, des escarres, des crampes, qu'il a la "flemme", qu'il a donc perdu physiquement, qu'il est tout maigre et qu'il ne veut plus manger.
Alors oui, je ne connais pas son dossier médical, mais comment ne pas lui dire que, si son père à elle, son fils à lui, le prenait à la maison, il repartirait peut-être pour un tour...

Comment ne pas lui dire, et pourtant...