Accéder au contenu principal

Aidant du conjoint ou du parent

Mon expérience d'aidant ressource en ETP m'a confirmé une chose.  Il est plus difficile pour l'aidant d'accepter le "changement de personnalité" du conjoint atteint d'une maladie neurodégénérative type Alzheimer, que de la mère ou du père d'un âge avancé avec les mêmes symptômes.    Le parent est naturellement plus âgé que l'enfant (adulte pour le coup) et nous nous attendons donc un jour à une certaine déficience, maladie ou pas, et à l'approche d'une fin de vie. Et le système n'oublie pas de nous le rappeler... bref !  A un moment de notre vie, nous quittons nos parents. Nous ajoutons éventuellement dans notre cœur un conjoint et des enfants. Ils deviennent aussi, ceux qui comptent le plus pour nous. Je ne minimise pas l'amour pour le parent tellement évident et viscéral, la peine, ainsi que notre dévouement pour lui.   Un conjoint, rien ne nous prépare à cela. Nous avons partagé une grande partie de notre vie, avec les mêmes in...

Aidant, mais plus familial

Après plus de 5 années d'aidance, mon père s'en est allé en décembre 2017 et ma mère en janvier 2018

Ce fameux bonzaï que je citais ici (clique) a commencé à perdre ses feuilles et à sécher quand mon père est parti. Pour ma mère, il ne restait qu'une feuille. Il est sec (un peu comme moi, tiens).

Alors, des regrets ? Ouiiiii, il doit y en avoir, mmh…….. je ne sais pas, comme peut-être…..
  • les avoir placés en Ehpad…… (j'en parlais dans un précédent billet)
  • repenser à cet autre billet (clique ici) et les avoir perdu après 2 mois de pension chacun.
  • ne pas avoir été là au moment du départ. Ma sœur oui, pour mon père (et ça m'apaise) car on savait que c'était une question d'heures. Mais ma mère…, on ne pensait pas, si vite. Elle est restée seule dans sa chambre, dans son lit, avec personne pour lui tenir la main... Combien de temps après, le personnel s'est rendu compte en pleine nuit, avant de me téléphoner ? (MOI, AIDANT BON SANG !!! ).
  • Et ce médecin qui n'a certainement pas fait tout ce qu'il fallait pour leur confort. Heureusement que je, que nous, étions là tous les jours.
L'ehpad qui m'a "vendu" de faire les soins palliatifs dans l'établissement avec l'aide de l'association "arc-en-ciel", sous prétexte que c’était plus "familial". En attendant, vous continuez à payer l’hébergement et le reste, alors qu'en hôpital c'est pris en charge. Dans les 2 cas (mes parents), l'association n'a pas eu le temps d'intervenir, car le délai était de presque une semaine. Et même : pour attendre la constatation de décès par le médecin un dimanche, nous avons veillé mon père six heures dans sa chambre DOUBLE, car il n'y avait pas de chambre simple pour l'occasion NI DE PARAVENT, pour un minimum d'intimité…. Alors, des soins palliatifs dans ces conditions, non !

Je tiens ce blog ; on dit que je transcris bien les émotions ; que je suis poète (haha), et bien je n'ai pas été capable d'écrire pour les 2 cérémonies. J'avais commencé un texte au brouillon pour mon père, mais par pudeur à la c*** et manque de courage, j'ai préféré le garder pour moi. Pfff…. Bref !

J'ai encore tous les réflexes de l'organisation que j'avais pour m'occuper d'eux. Pour exemple : la nuit dès que j'entends un bruit, je sursaute pour intervenir, en croyant entendre ma mère gémir…

Alors oui, je parais fort comme ça. Personne ne m'a vu défaillir. Stoïque lors des cérémonies, presque normal devant la famille, les amis, les voisins… mais, seul face à moi-même…..

Une sœur de mon père est actuellement en soins palliatifs. Quand je vais la voir, je vois mon père dans ses traits familiers dégradés et ma mère dans son corps féminin, ses mains que je lui tiens affectueusement…

Allez, bon voyage (clique ici)

(Vos commentaires apparaitront après ma validation. Merci pour votre compréhension) 

 

Commentaires

  1. Je ne sais que te dire qui t'apaiserait suffisamment.
    Je te souhaite de retrouver un peu de sérénité, quand le soir, seul face à toi même, des questions doivent se télescoper.
    Que dirais-tu, toi, à un ami qui aurait vécu la même chose? Comment le rassurerais-tu?
    Garde quand même ton bonsaï encore un peu, sait-on jamais...
    Je t'embrasse

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. merci Kat. Ca va bien, ne t’inquiète pas

      Supprimer
    2. bonsoir,
      Je ne vous connais que par la page Facebook, j'ai souvent lu vos interventions, et là , votre texte. Dans ces situations, on fait de son mieux je crois. En craignant toujours d'être dans le pas assez. vos parents vous ont senti près d'eux quoi qu'il en soit, et cela n'a pas de prix.
      comme Kat, je vous conseillerai de garder un peu le petit bonsaï...
      Bon courage à vous. Et puis, j'ose dire ''nous sommes là".
      Angélique

      Supprimer
  2. On pense toutes à toi qui a perdu tout tes repères tu as fait ce qu' il y avait de mieux et de la haut ils doivent être fiers d avoir eu un fils comme toi le fils que tout le monde rêverait d avoir

    RépondreSupprimer
  3. Je ne m'exprime en anonyme parce que je ne sais pas comment inscrire mon nom ! Je pense souvent à toi, à ce que tu pouvais ressentir dans ta solitude de "plus aidant".... Comme tous ceux qui paraissent fort ou que l'on dit fort, tu as derrière cette "carapace" un coeur généreux et aimant qui continue de battre mais qui doit se sentir désoeuvré... Ton humanité et ton honnêteté me sont précieuses. Odile

    RépondreSupprimer
  4. Je n'ai pas de mots... juste une immense tristesse de te savoir vivre ce que nous craignons tous... le vide, après ces années d'amour, de dévouement, d'oubli de soi.
    Alors tu es dans mes prières, même si elles sont maladroites... je t'embrasse !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

La douce mélodie du rossignol ?

Rencontre passée avec l’ancienne secrétaire d’État qui a fait voter la loi d'adaptation de la société au vieillissement, et je l'en remercie, plus des confrères blogueurs pour échanger sur les personnes âgées NON, Madame, vous ne m'aurez pas ! Avec un bâtiment du ministère qui en jette ? NON, Madame, vous ne m'aurez pas ! Avec des petits fours, café, thé, jus de fruit, serveur ? NON, Madame, vous ne m'aurez pas ! Avec votre équipe féminine de 4 personnes ? NON, Madame, vous ne m'aurez pas ! Et alors (!), vue de la fenêtre..., faire scintiller la tour Eiffel, rien que pour nous… NON, NON, NON, Madame, vous ne m'aurez pas ! Bon... Heeuuu… Oui… Elle m’a eu ! Elle a le mérite de nous avoir invité. Oui, nous n'avons rien demandé.  Elle nous a écoutés; le message est passé. Elle ne nous a pas embrouillé l’esprit avec des phrases complexes. Elle m’a paru sincère. Bien sûr que nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours ...

Chtar wars, le pire contre-attaque

A la demande d'une revue médicale qui me demandait un article, j'ai osé proposer ce texte très décalé, avec des mots à double sens et sans fil conducteur évident, pour bousculer un peu. Ok, ça plait ou pas. Il faut le lire plusieurs fois pour en connaitre toutes les subtilités. Je fais un clin d’œil sincère aux infirmières et aux aides-soignantes, mais façon rock'n'roll.  Il a été refusé, car trop barré. Snif  Je ne suis pas pigiste, mais par contre bénévole. Il ne faut pas l’oublier. Petit, je voulais être un grand docteur pour soigner les gens.   Un gamin a dit : un chirurgien est un docteur super intelligent, car il démonte les corps et les remonte sans se tromper.   Aujourd'hui encore, j'en rêve ; pour le phantasme de l'infirmière. "Cliché" ? da "Kodak" ! D’ailleurs, la dernière que j'ai vu s'appelait Bernard ...

Délivrance

Des jours enfermés dans cet espace sombre. La seule issue est si minuscule que personne ne peut s’échapper et nous nous entassons de plus en plus. L'endroit est vieux et sans activité depuis bien longtemps. Les murs risquent de céder sous la pression et dieu sait ce qui nous attend de l'autre côté.   Nous sommes déshydratés, par le manque d'eau, mais aussi par la nourriture inappropriée.  Mon jour est arrivé, je dois absolument profiter de cette fenêtre de relâche. J'y vais. Je me faufile. Je me déshydrate de plus en plus. Un long couloir agressif, vicié, me dirige vers la sortie.  Enfin, j'y suis ! Je tente de passer, je force, ça fait mal, mais il faut que je sorte.  J'aperçois la lumière, encore un effort, ALLEZ ! ça y est ! La délivrance !  Maintenant, je suis libre et mes camarades seront moins à l'étroit, un temps, en attendant leur heure.   ALLE LLUIA !! Non, je ne motive pas une équipe de football, mais OUI, MA MERE A GAGNE ! ...