5 septembre 2019

Accusée coupable

Bon, voila, voila.

Procès au tribunal bouclé, j'étais présent.

Une aidante est accusée COUPABLE d'avoir giflé son mari en EHPAD, mais DISPENSEE DE PEINE (encore heureux).
Pas de peine d'accord, sauf celle du cœur, mais ELLE A UN CASIER JUDICIAIRE (!!??)

Un groupe d'EHPAD bien connu car souvent critiqué, a porté plainte au commissariat contre elle pour maltraitance envers son époux, résident de l'établissement (voir précédemment, ici)

ELLE DERANGE donc on la pousse dehors par tous les moyens.

Je la connais, elle passe son temps a aider les résidents délaissés et elle donne sa vie à son époux totalement dépendant. Elle est la voix de son homme. Alors oui, elle a du caractère ! Son besoin profond, c'est d'être avec son époux. Comment oser demander de venir moins souvent voir son proche ? Il n'y a qu'elle qui maintient l'homme de sa vie en bon état !

Nous avons des retours positifs sur elle, de familles et d'anciens membres du personnel partis de cet établissement avec soulagement. Je le connais hélas très bien.

L'avocat a parlé de la malhonnêteté de l'EHPAD, du contexte douteux du témoignage, du dossier que l'on monte contre elle depuis longtemps. Car elle dérange, car elle est TROP présente, car elle se bat pour son époux et pour les autres résidents.

Mais, un témoignage peu défendable, car difficile de prouver le contraire, parole contre parole, on accuse coupable !

La police a le témoignage que d'une seule équipe du personnel. Il paraît aussi qu'elle frapperait peut-être son mari dans la chambre… alors que la porte n'est jamais fermée, monsieur a un voisin de chambre qui ne sort jamais, qui a encore un peu sa tête et qui confirme n'avoir jamais rien vu de tel. Par contre qu'un résident dépendant hurle pendant la toilette porte fermée, ça, c'est normal. Une seule équipe à témoigné (?)

D'accord, le but de cette séance n'était pas le procès d'une grosse entreprise, mais celui d'une aidante pour une éventuelle claque…

Un EHPAD fait de faux témoignages (aux dires de certains membres du personnel), porte plainte au commissariat SANS tenter de régler le problème en interne…
On ne vient pas lui dire : "mais, madame, ce n'est pas bien ce que vous faites…"
On laisse donc son époux se faire encore maltraiter (ben voyons)
Et un beau jour lorsque ça sent mauvais, on va au commissariat…
Et elle, pour une soi-disant claque, elle a un casier ? NON, MAIS ALLO !!
Et même s’il y a eu claque… un aidant à bout, ça ne vous parle pas Mr le directeur d'EHPAD ?


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7 juin 2019

Merci Monique

Je partage avec vous l'extrait d'un message que j'ai reçu de Monique.
Monique est une aidante que j'ai connue lors d'un ETP pour aidants, un programme thérapeutique à l'APHP. Depuis, nous nous écrivons souvent pour donner des nouvelles.
Je participe à ces programmes comme "aidant ressource" auprès de l'équipe professionnelle.
Je ne cherche pas à briller dans ce partage, mais à faire ressortir le besoin des aidants à recevoir du soutien, à apprendre et surtout à échanger avec des personnes qui les comprennent, contrairement souvent à la famille, les amis et les professionnels de santé.


Bonsoir Philippe,
Vous reprenez de nouveau le chemin des ETP demain. Laissez-moi vous dire combien votre rôle a été important pour nous. La question fut du reste posée par Myriam qui s'interrogea quand l'on vous présenta à nous : "Oui tiens pourquoi un aidant ?". Et puis nous ne l'avons plus évoqué.
Avec le recul, je veux vous dire que vous avez été essentiel pour nous : vous étiez notre relais. Je me souviens de la dernière séance avec le psychologue. Vous lui avez dit : "Oui , mais c'est bien joli tout cela , mais quand Monique va rentrer chez elle...."
(1). Simplement, vous mesuriez l'étendue de notre détresse, le désarroi, les errements qui nous guettent. Si la clarification de nos démarches de nos possibilités est majeure, l'important se situe au niveau du vécu. Vous aviez fait le chemin, vous compreniez, vous étiez un soutien pour nous. C'est pour cela que spontanément nous nous sommes tournés vers vous. Vous avez évoqué la douleur au moment du placement de vos parents en institution. J'en suis là Philippe, la détresse est immense. A ce titre , je peux vous assurez que le retrait (essentiel pour eux) des "médicaux" est parfois dur. Il y a la brutalité de l'évidence : "c'est comme cela".
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- (Cette partie cachée est personnelle et parle des conséquences néfastes de "l'après" pour moi, que j'avais évoquées avec elle)
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Ce n'est pas grand-chose ce petit mot , Philippe, simplement un instant de partage. Et je crois que ce qui justifie notre engagement c'est justement cette possibilité d'aller encore vers les autres. N'oubliez pas cependant de vivre votre vie, je pense que c'est le plus grand souhait qu'éprouvaient vos parents avant leur maladie. Vous me dites, "prenez soin de vous", je vous demande d'accepter la vie, surtout pas de tourner la page. La vie est un tout et ce tout doit être cohérent.
Nous avons enfin pu nous rencontrer avec Anastasie
(2). Nous aimerions nous retrouver avec vous un jour autour d'un déjeuner. Je vous laisse y réfléchir et reviens vers vous.
Une pensée pour vous demain.
Monique.



(1) je voulais dire que la théorie c’était bien mais la pratique....
(2) autre aidante du groupe

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